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Suis-je évitant ? Vingt questions pour un regard honnête
On arrive à cette question par l’un de deux chemins. Soit quelqu’un vous a dit assez souvent que vous êtes distant, soit vous avez remarqué vous-même que la même chose revient : ça va bien, et là vous voulez sortir. Cette page, ce sont vingt questions et, plus important encore, ce que les réponses veulent dire et ne veulent pas dire.
Avant de commencer : ce que cela peut et ne peut pas vous dire
Les styles d’attachement sont des tendances mesurées sur des échelles, pas des catégories auxquelles on appartient. Un questionnaire peut vous indiquer une direction et vous donner des mots pour quelque chose que vous pressentiez déjà. Il ne peut pas vous diagnostiquer, ni prédire vos relations, ni vous dire si vous êtes difficile à aimer.
Il y a dans cette matière un piège qui attrape les gens réfléchis. Vous lisez sur l’attachement évitant, vous vous reconnaissez, et vous convertissez cela en preuve que le problème, dans chacune de vos relations, c’était vous. Ce n’est pas de la lucidité, c’est de la honte déguisée en lucidité, et cela rend le changement plus difficile.
Le cadre utile est plus étroit. Quelque part très tôt, votre système a conclu qu’avoir besoin des autres n’était pas sûr, et il a construit une façon d’en avoir moins besoin. Cette conclusion avait du sens là où elle s’est formée. Elle produit aujourd’hui de la distance là où la distance n’est pas nécessaire. Seule la seconde phrase est un problème à travailler.
Questions 1 à 7 : votre rapport à la proximité
Le premier bloc porte sur votre réaction à l’intimité elle-même : avez-vous besoin d’un temps de récupération après des moments proches, la tendresse sans occasion vous met-elle mal à l’aise, vous taisez-vous après vous être ouvert, et remarquez-vous des défauts précisément quand tout va bien.
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Après une soirée très proche, avez-vous besoin de distance le lendemain ?
Pas de la fatigue, ni le besoin de calme d’une personne introvertie. Une traction précise pour vous éloigner de cette personne, après une bonne expérience avec cette personne.
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La tendresse sans raison vous met-elle mal à l’aise ?
Le contact pendant le sexe ou au moment de se dire au revoir, cela va. Une main dans le dos à la cuisine, qui ne veut rien dire d’autre que du lien, produit un petit sursaut que vous dissimulez.
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Avez-vous déjà regretté d’avoir raconté quelque chose de personnel ?
Pas parce qu’on s’en est servi contre vous. Parce que vous l’aviez dit, tout simplement, et que le lendemain matin vous vouliez le reprendre.
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Les petits défauts de votre partenaire montent-ils en volume à mesure que vous vous rapprochez ?
Le rire, les messages, les amis. Des choses qui allaient au deuxième mois grincent au huitième, et rien en elles n’a changé.
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Faites-vous une blague quand une conversation devient sérieuse ?
De façon fiable et bien placée. Pas parce que vous évitez consciemment le sujet, mais parce que le registre redescend avant que vous décidiez quoi que ce soit.
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Est-il plus facile de s’ouvrir à des inconnus qu’à votre partenaire ?
Quelqu’un dans un train, une personne que vous ne reverrez pas. S’ouvrir sans conséquences est autre chose que s’ouvrir.
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Ressentez-vous du soulagement quand des projets s’annulent ?
Même ceux que vous attendiez avec plaisir. Ceux-là surtout, parfois.
Questions 8 à 14 : votre rapport aux émotions
Le deuxième bloc porte sur l’accès à votre propre vie intérieure : pouvez-vous nommer ce que vous ressentez, les émotions des autres arrivent-elles comme des tâches, restez-vous calme dans des situations qui devraient vous secouer, et avez-vous remarqué votre corps réagir alors que votre tête ne signale rien.
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Quand on vous demande ce que vous ressentez, la réponse honnête est-elle souvent « je ne sais pas » ?
Pas une esquive. Un blanc véritable là où l’information devrait se trouver.
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Les émotions des autres arrivent-elles comme des problèmes à résoudre ?
Votre partenaire est triste, et vous entendez une mission. Quand vous ne pouvez pas réparer, vous vous sentez inutile, et vous quittez la pièce.
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Êtes-vous remarquablement calme dans des situations qui bouleversent les autres ?
Ruptures, enterrements, mauvaises nouvelles. Les gens commentent la façon dont vous encaissez, et vous vous demandez en silence s’il vous manque quelque chose.
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Votre corps contredit-il parfois votre rapport ?
Poitrine serrée, pouls rapide, sommeil mauvais, pendant que vous vous décrivez comme allant bien. Les études sur les adultes évitants trouvent exactement cet écart entre un discours posé et une activation physiologique élevée.
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Détestez-vous qu’on vous demande de rassurer ?
Pas la demande elle-même, ce qu’elle déclenche : être géré, devoir produire quelque chose sur commande.
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Gérez-vous bien les crises et mal la proximité ordinaire ?
Les urgences pratiques vous sont faciles. Un dimanche banal sans tâche dedans est plus difficile qu’il ne devrait l’être.
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La gratitude et les compliments vous mettent-ils mal à l’aise ?
Être apprécié à voix haute crée une envie de détourner, de minimiser ou de partir.
La question n’est pas si vous pouvez aimer. C’est si vous pouvez laisser quelqu’un avoir besoin de vous sans garder une sortie en vue. Le Code de l’Évitant, chapitre 8
Questions 15 à 20 : engagement et fins
Le troisième bloc regarde l’arc de vos relations : votre intérêt retombe-t-il une fois que vous êtes choisi, gardez-vous une sortie disponible, l’attrait des personnes indisponibles vous est-il familier, et comment vivez-vous la fin d’une relation comparé à celle que vous avez quittée.
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Votre intérêt baisse-t-il dès que quelqu’un vous veut clairement ?
La conquête était prenante. Au moment où c’est devenu certain, quelque chose s’est éteint, et vous n’avez su l’expliquer ni à cette personne ni à vous.
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Avez-vous gardé une sortie ouverte dans la plupart de vos relations ?
Pas forcément une infidélité. Un appartement à part, un projet pour plus tard, une réserve non dite que ce n’est peut-être pas définitif.
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Avez-vous été attiré par des personnes indisponibles ?
Longue distance, le partenaire de quelqu’un d’autre, une personne qui ne voulait pas la même chose. De façon répétée, pas une fois.
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Après une rupture, votre première réaction est-elle le soulagement ?
Et le chagrin arrive-t-il des mois plus tard, souvent quand autre chose dans votre vie va mal ?
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Idéalisez-vous une ex que vous ne vouliez pas à l’époque ?
Celle qui s’est échappée, qui devient plus remarquable à mesure qu’elle est loin, et qui disqualifie commodément toute personne présente.
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Plus d’un partenaire vous a-t-il dit la même chose ?
Des personnes différentes, des relations différentes, la même phrase sur la distance. Cette répétition est l’élément le plus informatif de toute la liste.
Que faire de vos réponses
Cherchez le schéma, pas le total. L’attachement évitant se manifeste comme une distance qui augmente avec l’intimité et se répète d’un partenaire à l’autre. Si votre retrait est lié à une relation précise ou à une période difficile, l’explication est probablement ailleurs. Si c’est la forme de toutes vos relations proches, ce cadre convient.
Probablement pas l’attachement
Vous vous êtes retiré pendant une année de deuil ou d’épuisement. Vous avez besoin de récupérer après tout contact social, amis compris. Vous êtes distant avec un partenaire précis et ne l’étiez pas avec d’autres. La distance a commencé après une rupture de confiance identifiable.
La forme évitante
La distance apparaît après les bonnes phases, pas après les mauvaises. Elle se manifeste avec tous ceux dont vous vous rapprochez. Vous pouvez la remonter plus loin que n’importe quelle relation. Être voulu de façon fiable réduit votre intérêt.
Deux réponses méritent un poids particulier. La question 20, parce que d’autres personnes observant la même chose indépendamment est une preuve plus solide que votre propre récit. Et la question 15, parce qu’une chute de l’intérêt au moment exact d’être choisi est presque une signature du schéma.
Que faire d’un oui
Faites moins que ce que vous êtes sur le point de faire. Pas de confession, pas de tournée d’excuses, pas de décision sur la relation. La seule compétence sur laquelle tout le reste repose, c’est de repérer l’envie de retrait pendant qu’elle se produit, sans y donner suite et sans y voir la preuve d’un défaut de caractère.
- Nommez-la en silence, sur le moment. « La voilà. » Rien de plus. Une demi-seconde d’écart entre l’impulsion et le comportement, c’est tout le début.
- N’annoncez pas votre diagnostic. Dire à un partenaire que vous êtes évitant devient souvent une explication qui excuse plutôt qu’un pas qui change quelque chose.
- Choisissez un petit contre-mouvement. Répondre à un message que vous laisseriez d’habitude. Rester dix minutes de plus dans la pièce. Petit et répété l’emporte sur grand et une fois.
- Attendez-vous à de l’inconfort, pas à une catastrophe. Rester présent quand votre système veut de la distance est vraiment désagréable. Ce n’est pas dangereux, et cela devient plus facile.
- Comptez en années, pas en semaines. La recherche sur l’attachement sécure acquis décrit un changement lent par expérience corrective répétée.
D’où vient le schéma, et pourquoi il avait du sens à l’époque, c’est dans comment se forme l’attachement évitant. Ce à quoi le changement ressemble concrètement est dans dépasser l’attachement évitant.
Important : ceci est un outil de réflexion sur soi, pas un diagnostic, et ce n’est pas une raison de conclure que vous êtes impossible à aimer. Si cette lecture vous a laissé plus mal envers vous-même plutôt que plus clair, cela vaut la peine d’en parler en thérapie. En cas de crise : le 3114, gratuit et joignable 24 heures sur 24. Urgences : 112.
Questions fréquentes
Puis-je me diagnostiquer un style d’attachement ?
Les styles d’attachement ne sont pas des diagnostics, il n’y a donc rien à diagnostiquer. Ils décrivent des tendances dans la façon dont un système nerveux gère la proximité, mesurées sur des échelles et non en catégories. Un questionnaire peut vous indiquer une direction, pas rendre de verdict.
Et si je me reconnais aussi dans les questions anxieuses ?
C’est fréquent et cela porte un nom : l’attachement évitant craintif, parfois appelé désorganisé. Vous voulez la proximité et vous la craignez en même temps, donc vous allez vers les gens puis vous vous en éloignez. C’est le schéma le plus difficile à vivre, et il répond au même travail, simplement plus lentement.
Être évitant veut-il dire que je suis mauvais en relation ?
Cela veut dire une chose précise : votre système a appris qu’avoir besoin des autres est risqué, alors il baisse le volume du signal. Cela a un coût en intimité et ne dit rien de votre loyauté ni de votre capacité d’aimer. Beaucoup de personnes à l’attachement évitant vivent des relations longues et stables.
À combien de questions dois-je répondre oui ?
Il n’y a pas de seuil, et en inventer un serait une fausse précision. Ce qui compte, c’est la forme : votre distance grandit-elle quand les choses se rapprochent, et apparaît-elle avec chaque partenaire plutôt qu’avec un seul. Deux oui nets sur les questions de proximité en disent plus que dix éparpillés.
Est-ce que cela pourrait être autre chose que l’attachement ?
Oui, et c’est souvent en partie le cas. La dépression, l’épuisement, le deuil, le trauma, l’autisme et le TDAH peuvent tous produire un retrait identique vu de l’extérieur. Le trait distinctif de l’attachement évitant est qu’il est déclenché par l’intimité précisément, pas par les exigences ou la stimulation en général.
J’ai répondu oui à presque tout. Et maintenant ?
Rien de dramatique, et surtout pas une confession à votre partenaire ce soir. Vivez avec pendant une semaine d’abord. L’étape suivante la plus utile est de repérer le moment où l’envie de vous retirer apparaît, sans y donner suite et sans la juger.
Votre prochaine étape
- Vous voulez un résultat rapide et structuré : le test d’attachement en 8 questions
- Vous voulez comprendre d’où cela vient : les causes
- Vous voulez savoir pourquoi la proximité fait pression : le regard du système nerveux
Pour aller plus loin
Origine
Causes : comment se forme l’attachement évitant dans l’enfance
Pourquoi le code était une stratégie de survie intelligente, quelles deux enfances mènent à l’évitement et ce que cela signifie aujourd’hui.
Système nerveux
Pourquoi la proximité ressemble à de la pression
Pourquoi « nous » sonne comme une menace, ce que signifie la différenciation et comment offrir de la proximité sans qu’elle arrive comme une intrusion.
Auto-évaluation
Test d'attachement : quel est votre style d'attachement ?
Huit questions, résultat immédiat, sans inscription : sécure, anxieux, évitant ou craintif.
Urgent
Silence radio : pourquoi, combien de temps, que faire
Pourquoi le silence arrive, combien de temps il dure, ce qui aide dans les 72 premières heures, et à partir de quand ce n’est plus de la régulation.
Sources et lectures complémentaires
- Bartholomew, K. & Horowitz, L. M. (1991) : Attachment Styles among Young Adults: A Test of a Four-Category Model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. DOI
- Fraley, R. C., Waller, N. G. & Brennan, K. A. (2000) : An Item Response Theory Analysis of Self-Report Measures of Adult Attachment. Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350–365. DOI
- Mikulincer, M. & Shaver, P. R. (2016) : Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change. 2e éd. New York : Guilford Press. Web
- Diamond, L. M., Hicks, A. M. & Otter-Henderson, K. (2006) : Physiological Evidence for Repressive Coping among Avoidantly Attached Adults. Journal of Social and Personal Relationships, 23(2), 205–229.
- Hazan, C. & Shaver, P. (1987) : Romantic Love Conceptualized as an Attachment Process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–524. DOI